Signification et interprétation du Diable

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INTRODUCTION
Le Diable du Tarot représente les aspects sombres de l'humanité, tels que les désirs excessifs, les addictions et les dépendances. Il nous invite à prendre conscience de nos schémas négatifs. Le Diable est une carte de tentations et de choix moraux. Cependant, elle souligne également que nous avons le pouvoir de nous libérer de ces chaînes en reconnaissant notre responsabilité et en choisissant de changer. C'est une invitation à faire face à nos peurs et à surmonter nos faiblesses pour atteindre une plus grande liberté intérieure.

L'inspiration

La genèse de la carte

L'inspiration
L'inspiration
Saint Michel
Raphaël

Le Diable était une figure omniprésente dans l'Europe chrétienne médiévale et de la Renaissance. Cette période était marquée par une forte influence religieuse où le diable symbolisait le mal et la tentation. La Bible mentionne le diable à plusieurs reprises sans jamais décrire son apparence physique, laissant ainsi libre cours à l'imagination des artistes médiévaux. Inspirés par l'art classique et le folklore local, ces artistes ont créé des représentations variées du diable, influençant ainsi la conception de la carte du DIABLE du tarot.

Le premier et le dernier livre de la Bible présentent le diable sous la forme d'un serpent ou d'un dragon. Dans le chapitre 3 versets 1 à 5 du livre de la Genèse, le serpent dans le jardin d'Éden tente Ève de désobéir à Dieu. Bien que le serpent ne soit pas explicitement identifié comme le diable, il est décrit comme une créature maléfique. Dans le livre des Révélations, le diable est clairement identifié comme un dragon. Le chapitre 12 décrit la lutte entre saint Michel et le dragon, où le dragon est chassé du ciel et identifié comme le diable et Satan.

Jugement dernier
Giotto

Influences Culturelles et Artistiques

Selon la tradition chrétienne, le diable, également connu sous le nom de Satan ou Lucifer, est considéré comme un ange déchu. Lucifer était à l'origine un archange de haut rang créé par Dieu, mais son orgueil et son ambition ont conduit à sa chute. Cette rébellion a entraîné une guerre céleste où Lucifer et ses anges rebelles ont été vaincus et expulsés du paradis.

Les conséquences de cette chute sont que Lucifer est devenu Satan, synonyme de ténèbres et de mal. Un tiers des anges l'ont suivi dans sa rébellion, devenant des démons condamnés au feu éternel. Plusieurs théories théologiques existent sur les motifs exacts de la rébellion de Lucifer, incluant le désir d'être semblable à Dieu, le refus de se prosterner devant l'humanité, ou la jalousie envers l'humanité. Ces interprétations mettent en garde contre les dangers de l'orgueil et de la rébellion contre Dieu.

Les histoires chrétiennes européennes sur le diable ont été illustrées de nombreuses façons, influençant les représentations dans le tarot. L'archange Michel combattant le dragon et le jetant hors du ciel était un thème populaire dans l'art médiéval. Cette imagerie a culminé avec les chefs-d'œuvre de la Renaissance, tels que ceux de Raphaël et Pollaiuolo. Les fresques du Jugement Dernier du début de la Renaissance, comme celles de Giotto, représentent le diable comme un monstre roi gorille, souverain de l'enfer, tourmentant et mangeant les pécheurs.

Inferno
Giovanni da Modena

Symbolisme et Évolution de la Carte

La représentation du diable dans le folklore médiéval et l'art de la Renaissance a influencé la conception de la carte du DIABLE du tarot. Le diable est souvent représenté comme un monstre roi gorille, souverain de l'enfer, tourmentant et mangeant les pécheurs. Un exemple typique est le diable de Giotto, qui domine l'enfer avec un visage poilu, des cornes de chèvre, des pattes de cerf et un corps presque humain.

La carte du diable du tarot acquiert des caractéristiques de chèvre inspirées par le dieu Pan et les satyres dans l'art classique. Pan, dieu des forêts et du désert, et les satyres, incarnations de la sensualité et de la complaisance envers soi-même, horrifiaient les bons chrétiens. Ces figures étaient liées aux dieux étrusques du monde souterrain, tels que Charun, représenté avec des attributs similaires à ceux du diable du tarot.

Les griffes d'oiseaux du diable du tarot sont inspirées par les harpies grecques, esprits personnifiant les rafales de vent et représentées comme des humains avec des ailes et des corps inférieurs d'oiseaux. Les représentations des harpies dans les manuscrits médiévaux ressemblent beaucoup à celles de la mythologie classique, influençant ainsi les caractéristiques du diable.

Livre de la Vigne
nostre Seigneur

Le diable le plus commun dans l'art médiéval est un hybride homme-animal avec un corps poilu, des cornes de chèvre, des oreilles d'animaux et des griffes d'oiseaux pour les pieds. Ce diable n'est ni l'ange déchu Lucifer ni le monstre des enfers, mais un démon banal qui égare dans les tentations et tourmente avec des désagréments mesquins. Dans le Nouveau Testament, le diable est décrit comme un menteur, un trompeur, un tentateur, et un rebelle contre Dieu.

Les plus anciennes représentations du diable en tant que tentateur et tortionnaire viennent de manuscrits enluminés représentant la tentation du Christ. Par exemple, le diable dans le manuscrit de Saint Albain a une posture humaine mais la fourrure sur ses jambes, la queue, les griffes sur les pieds et les oreilles d'animal rappellent que le diable est un ange déchu.

En somme, la carte du DIABLE du tarot est un mélange complexe de symboles religieux, mythologiques et folkloriques. Les influences chrétiennes, classiques et médiévales se sont combinées pour créer une représentation du diable qui est à la fois terrifiante et fascinante.

Les premières versions

Les cartes Visconti-Sforza (XVe siècle)

Les premières versions
Heures Visconti

Le Diable n'apparaît pas dans les cartes peintes à la main du 15e siècle. Il y a des spéculations sur le fait que ces cartes ont été omises ou retirées des jeux personnalisés parce qu'elles étaient trop désagréables. Mais de nombreuses cartes sont manquantes dans ces tout premiers jeux, de sorte qu'elles ne sont peut-être pas significatives. Il est à noter que le tarot milanais Visconti-Sforza est presque complet à l'exception du Diable et de la Tour. Il est donc possible que ces cartes étaient dans le jeu d'origine mais ont été retirées plus tard pour une raison quelconque.

Quelques années avant que Francesco Sforza et son épouse Bianca Maria Visconti ne commandent leurs cartes à l'atelier Bembo, Bonifacio Bembo a illustré un livre basé sur la légende de Sir Lancelot. Un diable avec deux visages poilus et des ailes géantes figure dans l'histoire. Dans les années 1420, le père de Bianca, le duc Filippo Maria Visconti, ordonne l'achèvement d'un livre des heures qui avait été interrompu un quart de siècle plus tôt par la mort de l'artiste. Ce diable, rendu par Belbelo da Pavia, ressemble au diable médiéval tardif typique : un corps poilu, des cornes de chèvre, des serres pour les pieds et tenant un fléau à deux volets, un instrument de torture préféré de l'Inquisition.

Feuille de Cary (1500 - Italie) et Feuille de Rosenwald (1501 - Italie)

Feuille de Cary (1500 - Italie) et Feuille de Rosenwald (1501 - Italie)
Cary
Feuille de Cary (1500 - Italie) et Feuille de Rosenwald (1501 - Italie)
Rosenwald

Les premières cartes de tarot imprimées représentent des diables qui semblent malins plutôt que menaçants. Le visage sur le ventre du Diable de Budapest avec des ailes d'anges rouges pourrait être attaché, pourrait être un costume de théâtre. Le théâtre médiéval et ses représentations du Diable étaient des moyens de transmettre des leçons morales et religieuses aux spectateurs. Le Diable de Rosenwald semble porter un costume de feuilles ou de fourrure mal tirées. Les diables ont des cornes de chèvre et semblent plutôt joyeux, ludiques et nonchalants. Le fléau de l'Inquisition a évolué en un trident, comme plus tard dans le siècle.



Le Tarot de Marseille (Type I)

Jean Noblet (1650)

Le Tarot de Marseille (Type I)

Le Diable hermaphrodite

Les maîtres cartiers de la Renaissance française ont décidé de renouveler totalement l'iconographie du Diable tout en conservant certains aspects standards. Avec Jean Noblet, le Diable prend une forme humaine sans fourrure, reprenant des détails des cartes italiennes. Plutôt que de lui donner des cornes de chèvre, le Diable semble avoir des bois de cerf attachés à une coiffe, ressemblant ainsi à des oreilles. Ce Diable possède des ailes extravagantes, qui deviennent ici davantage des ailes de chauve-souris. Les organes génitaux du Diable sont exposés, et il est clairement hermaphrodite puisqu'il a des seins féminins.

La seule chose véritablement conservée est le double visage du Diable, avec un visage à la tête et un autre au bas-ventre. Jean Noblet a également gardé une sorte de trident ou de fourche dans la main du Diable. Pour le reste, tout semble assez nouveau. Les ailes de chauve-souris, très curieuses et intéressantes, sont perlées de gouttes de sang ou de points rouges évoquant des gouttes de sang. Le Diable est perché sur un piédestal cylindrique, et il est possible de faire une relation entre ce cylindre et la tour représentée dans la carte suivante, la Maison Dieu.

Au pied du Diable et du piédestal se trouvent deux humains hybrides, mi-homme, mi-animal, et mi-homme, mi-femme. Ils semblent avoir les mains dans le dos, probablement liées, et portent un collier relié par une corde à un anneau au pied du piédestal. Le point commun entre le Diable et ses deux sbires est qu'ils sont tous mi-homme, mi-animal et portent des bois de cerf.

Parité avec le PAPE

La scène qui est très semblable à celle de la carte du Pape. Dans cette carte, le Pape surplombe deux disciples et lève la main dans un signe de bénédiction. De même, le Diable lève la main, non pas dans un signe de bénédiction, mais avec une main ouverte, pouvant dénoter une forme de salut ou de bienvenue.

Le Diable de Jean Noblet se distingue également par sa posture et son expression faciale. Contrairement aux représentations traditionnelles du Diable, souvent effrayantes et menaçantes, celui-ci semble presque accueillant, avec une main levée comme pour saluer ou inviter. Ce contraste avec les représentations plus conventionnelles du Diable pourrait refléter une approche différente de la symbolique du mal et de la tentation. Les bois de cerf, qui remplacent les cornes de chèvre, ajoutent une touche de nature sauvage et indomptée à cette figure.

Les deux disciples ou esclaves

Les deux sbires à ses pieds, mi-hommes, mi-animaux, et mi-hommes, mi-femmes, ajoutent une dimension supplémentaire à la carte. Ils semblent être enchaînés ou liés, ce qui pourrait symboliser la servitude ou la soumission au Diable. Leur posture et leur apparence hybride renforcent l'idée de la perte de l'identité humaine et de la transformation sous l'influence du mal. Les colliers et les cordes qui les relient au piédestal du Diable pourraient également suggérer une forme de contrôle ou de domination exercée par le Diable.

Le piédestal

Le piédestal indique certainement l'ego surdimensionné du Diable et sa volonté de domination.

La relation entre le piédestal cylindrique du Diable et la tour de la Maison Dieu est également intrigante. La Maison Dieu, souvent interprétée comme la tour, représente la destruction et la transformation. Le piédestal du Diable pourrait symboliser une base instable ou une fondation qui est sur le point de s'effondrer, tout comme la tour de la Maison Dieu. Cette connexion entre les deux cartes pourrait indiquer une continuité dans le thème de la transformation et de la révélation des vérités cachées.

Les ailes de chauve-souris

Les ailes de chauve-souris pourrait s'opposer aux ailes en plumes des 3 autres anges du tarot, et inviter à croire que le Diable est une créature de la nuit et chassant dans l'obscurité. Ces ailes peuvent aussi évoquer que les manoeuvres du diable sont secrètes, invisibles. Le Diable agit dans l'ombre, il est difficile de le voir venir.

Enfin, les gouttes de sang sur les ailes de chauve-souris du Diable ajoutent une touche macabre à la carte. Elles pourraient symboliser la souffrance, la violence, ou les conséquences sanglantes des actions du Diable. Cette représentation visuelle du sang peut véhiculer une image du Diable comme une figure dangereuse et destructrice, mais je suis persuadé que Jean Noblet voulait avant tout nous dire que le Diable était avant tout un être blessé. Il reste un ange déchu. Ces gouttes de sang ajoutent un élément de mystère et de fascination à la carte.

Jean Dodal (1701)

Jean Dodal (1701)

Les yeux sur les genoux du Diable

Un des éléments distinctifs de la carte du Diable par Jean Dodal est l'ajout d'yeux sur les genoux du Diable. Contrairement à la carte de Jean Noblet, où la présence d'yeux sur les genoux est ambiguë et pourrait être interprétée comme des paupières fermées, Dodal représente ces yeux de manière ouverte et claire, éliminant toute confusion. Cette modification invite à une réflexion sur la symbolique des yeux sur les genoux, peut-être comme une indication de vigilance ou de perception accrue dans des aspects inattendus de la vie.

La fourche et les oreilles d'âne

Un autre détail intéressant est la représentation de la fourche dans les mains du Diable. Chez Dodal, la fourche semble avoir deux oreilles, ce qui pourrait être interprété comme une allusion au pouvoir sur la bêtise, symbolisée par les oreilles d'âne. Cette interprétation est renforcée par la présence de deux êtres hybrides au pied du Diable, qui portent également des oreilles similaires. Le contraste avec les cartes de type 2, où la fourche est enflammée et représente un flambeau, suggère une évolution dans la symbolique du Diable, passant de la bêtise à une forme de pouvoir destructeur.

Le Diable tire la langue

Le dernier détail notable de la carte de Jean Dodal est que le Diable tire la langue. Ce geste peut être interprété de diverses manières. Il pourrait symboliser l'amusement, le jeu, ou même une forme d'esprit enfantin. Cette représentation pourrait suggérer que le Diable n'est pas nécessairement odieux ou pervers, mais plutôt espiègle et joueur. Cette interprétation ouvre la porte à une compréhension plus nuancée du Diable, comme une figure qui incarne la facette ludique et peut-être innocente de la transgression.

Les êtres hybrides au pied du Diable

Les deux êtres hybrides au pied du Diable dans la carte de Jean Dodal sont également un élément intéressant à analyser. Ces créatures portent des oreilles similaires à celles sur la fourche du Diable, ce qui renforce l'idée de la bêtise et du contrôle sur celle-ci. Leur présence suggère que le Diable exerce son pouvoir sur les créatures qui l'entourent, créant ainsi une scène de domination et de contrôle.

Ces hybrides ajoutent une dimension supplémentaire à la carte, indiquant que le Diable n'est pas seul dans son règne de pouvoir et de transgression. Ils représentent peut-être les aspects de la nature humaine qui sont soumis à la tentation et à la manipulation du Diable, soulignant la complexité de cette figure et de son influence.

Le Tarot de Marseille (Type II)

Pierre Madenié (1709)

Le Tarot de Marseille (Type II)

Nous avons ici une carte qui ressemble beaucoup aux deux précédentes. Tout comme la carte de Tempérance, la carte du Diable va finalement très peu évoluer. Dès les premières versions du tarot de Marseille, nous aurons une carte du Diable pratiquement figée. Le seul détail qui change entre Pierre Madenié et Jean Dodal est qu'ici Madenié fait porter au Diable non pas une fourche, ni un bâton prolongé d'oreilles d'âne, mais davantage un flambeau. Sans doute, l'auteur a voulu voir le Diable comme un tentateur, une créature qui distille et attise le désir et la tentation chez les êtres humains.

Il est intéressant de noter que les deux sbires, ou esclaves du Diable, sont plus humanisés que chez Jean Noblet. Bien que la différence soit subtile, il n'en reste pas moins que même chez Madenié, les esclaves du Diable n'en restent pas moins mi-homme, mi-animal. Ici, leur apparence animale se caractérise avant tout par des oreilles d'âne et des bois de cerf, une queue qui pend derrière et au pied des espèces de cerfs ou de griffes d'oiseaux.

Le flambeau

Le flambeau que tient le Diable dans la version de Pierre Madenié peut être interprété comme une représentation de la lumière trompeuse de la tentation. Le Diable est souvent vu comme le maître des illusions, attirant les âmes avec des promesses de pouvoir et de plaisir. Les deux sbires, mi-homme mi-animal, reflètent la dualité de la nature humaine, partagée entre l'instinct et la raison.

Les éléments animaux, comme les oreilles d'âne et les bois de cerf, sont des symboles de la bestialité et de l'irrationalité. Les griffes d'oiseaux et les queues pendantes ajoutent une dimension de danger et de sauvagerie. Ces représentations montrent que les disciples du Diable sont des êtres captifs de leurs instincts les plus bas, incapables de s'élever au-dessus de leur nature animale.

Les variantes

Les variantes
Viéville
Les variantes
Loudier

Les autres maîtres cartiers, d'autres traditions ont peut-être choisi d'autres approches. Par exemple, concernant le Tarot de Besançon, les maîtres cartiers ont préféré garder la dimension de Mangeordom. Comme on peut le voir, il s'agit d'un diable couvert de yeux et de visages, une représentation qui est conservée dans le Tarot de Rouen Bruxelles du XVIIIe siècle ainsi que dans le Tarot de Jacques Vieville, imprimé à Paris en 1650. Ce diable respirant le feu progresse en avant arborant une longue queue qui est touffue à la fin. Les visages émergent de ses genoux, de son estomac, de sa poitrine. Il a un corps poilu et des pieds avec des griffes d'oiseaux.

Il est intéressant de noter que deux citations de la Bible peuvent avoir inspiré le visage supplémentaire dans l'estomac. La Lettre aux Romains, verset 16-18, conseille aux chrétiens d'éviter les gens qui causent des dissensions parce qu'ils sont tels qu'ils servent non pas notre Seigneur, mais leur propre ventre. La Lettre aux Philippiens, verset 3-19, énumère les personnes qui sont les ennemis du Christ, y compris ceux dont le Dieu est leur ventre. Ces références bibliques mettent en lumière l'association entre le diable et la corruption intérieure, symbolisée par le ventre.

Mitelli
Delarocca

Dans l'ancien Tarot italien, publié en 1835 et réalisé par Carlo Delarocca, a peut-être été inspirée par Mitelli, un autre tarot italien de 1665. Cette version est très spectaculaire, car elle montre le diable avec des serpents dans les cheveux, tirés dans les flammes par des monstres verts en forme de dragon. On voit le diable qui pose son pied sur une espèce de lézard vert démoniaque.

Les représentations du diable dans le Tarot évoluent au fil des siècles et des cultures, chaque tradition apportant ses propres nuances symboliques. Le diable du Tarot Delarocca, avec ses serpents dans les cheveux et ses monstres verts, illustre la richesse de l'imagerie utilisée pour exprimer les forces obscures et les tentations. Les serpents, souvent associés à la tromperie et à la transformation, ajoutent une dimension de danger et de mystère à cette carte.

En examinant ces variantes, il devient évident que la carte du Diable dans le Tarot de Marseille et ses dérivés n'est pas simplement une représentation du mal, mais une exploration complexe des peurs, des désirs et des aspects cachés de l'humanité. Chaque interprétation, qu'elle soit influencée par des textes religieux ou des traditions artistiques, enrichit notre compréhension du Diable et de son rôle dans le Tarot divinatoire.

La carte heuristique

La carte heuristique
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Le Tarot Rider-Waite-Smith (1910)

Le Tarot Rider-Waite-Smith (1910)
Levi

Dans le tarot de Marseille, le Diable est traditionnellement représenté tenant une torche, symbole de lumière et d'intelligence. Cependant, dans le dessin de Lévi, cette torche devient une flamme au-dessus de la tête du Diable, indiquant une intelligence équilibrée. Les cornes du Diable deviennent longues et extravagantes, et son visage est décrit comme celui d'un chacal, avec un pentagramme sur le front. Contrairement au Diable du tarot de Marseille, qui a des sabots de cerf, le Baphomet de Lévi possède des sabots de chèvre et des organes génitaux mâles, faisant de lui un hermaphrodite.

Le mot "Baphomet" apparaît pour la première fois dans une lettre écrite en 1098 lors de la première croisade. Ce terme pourrait être un mot arabe mal compris, et il est devenu célèbre en Europe lorsque les Templiers ont été accusés d'hérésie. Les Templiers, un ordre religieux formé en 1120 pour protéger les pèlerins chrétiens en Terre Sainte, ont accumulé une immense richesse et un pouvoir considérable. En 1307, le roi Philippe IV de France a ordonné leur arrestation et la confiscation de leurs biens, justifiant les tortures et les exécutions de masse par des accusations d'hérésie, y compris l'adoration de Baphomet.

Wirth

La carte du Diable conçue par l'occultiste suisse Oswald Wirth à la fin du XIXe siècle combine le Baphomet de Lévi avec le tarot de Besançon. Le Diable de Wirth a la tête de chèvre et les sabots de la chèvre de Baphomet, mais se tient sur un petit podium avec deux sbires attachés, comme le Diable du tarot de Marseille. Les deux figures sont très similaires à des chèvres, avec des cornes, des oreilles, des sabots et des pattes à fourrure, contrastant avec les disciples du Diable du tarot de Marseille, qui ont des corps lisses, des bois de cerf et des oreilles d'âne. Wirth a conçu sa carte pour représenter la circulation de l'énergie et a décrit cette figure comme un hermaphrodite incarnant l'union de la conscience et de l'inconscient.

Au moment où Waite a conçu cette carte, il avait renoncé à la magie cérémonielle et s'identifiait comme un mystique chrétien. Il croyait que Lévi et les occultistes français avaient tort d'associer cette carte à la magie et à l'occulte. Pour Waite, le Diable est l'expression « habité sur le seuil » qui garde l'entrée du jardin d'Éden après qu'Adam et Ève ont été chassés. Selon lui, ceux qui se plongent dans la magie souffrent d'illusions, croyant que le monde matériel est tout ce qu'il y a, et ils seront punis pour cette erreur.

RWS

Bien que le Diable de White ait un corps inférieur et des cuisses comme le Diable de Wirth, ses jambes se terminent par des serrettes d'oiseaux. White a transformé les deux disciples anonymes en Adam et Eve après leur chute. Ils ont des visages humains mais des cornes de chèvres et des queues pour indiquer leur nature animale. Les chaînes autour de leurs cou sont lâches, ils pourraient facilement en sortir, mais ils choisissent de rester en servitude. La carte des amoureux de White représente Adam et Eve dans un état d'innocence avant de manger la pomme et d'introduire le péché dans le monde. Ève se tient devant l'arbre de la connaissance avec son serpent et ses pommes. Dans la carte du Diable, sa queue se termine par un bouquet de raisins. Adam, dans la carte des Amoureux, se tient devant l'arbre de vie avec douze fruits ressemblant à des flammes. Dans la carte du Diable, sa queue se termine par une flamme.

La carte heuristique

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Les versions modernes

Le tarot Light Seer

Les versions modernes

Dans le tarot Light Seer, la carte du Diable est représentée par un homme qui tend la main vers le lecteur. Son visage est impassible, ses yeux fixent intensément, et il ne tire pas la langue comme dans certaines représentations traditionnelles. Une particularité notable de cette carte est la chevelure de l'homme, qui se disperse dans le vent, ressemblant à des tentacules ou des bras qui s'étendent dans l'espace.

Les cheveux de cet homme ont effectivement une apparence tentaculaire, ajoutant une dimension de mystère et de complexité à la figure. L'homme est nu, et sur son torse, il porte le tatouage d'un symbole ésotérique, dont l'origine et la signification restent mystérieuses. Sur son autre bras, deux tatouages sont visibles : l'un représente une chaîne métallique entourant son biceps, et l'autre, plus bas, montre le crâne d'un bélier.

Il tend sa main, et de ses doigts tombent des fils reliés à une figure humaine qui semble se prendre la tête. Cette image évoque l'idée que le Diable manipule les ficelles d'une marionnette, symbolisant une personne en pleine perdition ou en proie à un moment désagréable. Le Diable est ici décrit comme un manipulateur, peut-être même un pervers narcissique, qui exerce une certaine aura et une capacité à attirer les gens à lui, sans que ses intentions soient clairement bonnes ou mauvaises.

Cette interprétation moderne du Diable dans le tarot Light Seer met en lumière les aspects psychologiques et émotionnels de la carte. Elle nous invite à réfléchir sur les forces de manipulation et de contrôle, ainsi que sur la manière dont nous pouvons être influencés par des énergies ou des personnes qui ne révèlent pas leurs véritables intentions. Le Diable, dans cette version, devient un symbole de la lutte intérieure contre les tentations et les influences néfastes, soulignant l'importance de la vigilance et de la conscience de soi.

Le tatouage du crâne de bélier sur le bras de l'homme dans le tarot Light Seer pourrait symboliser la force brute et l'agressivité, des caractéristiques souvent associées au Diable. La chaîne métallique autour de son biceps pourrait représenter l'idée de captivité ou d'esclavage, suggérant que ceux qui tombent sous l'influence du Diable sont enchaînés par leurs désirs et leurs peurs. Le diable pourrait être lui-même un esclave de ses pulsions puisque nous parlons de sa propre chaîne. Le symbole ésotérique sur son torse, bien que mystérieux, ajoute une dimension mystique à la figure, renforçant l'idée que le Diable est une force puissante et énigmatique.

La figure humaine reliée par les fils aux doigts du Diable semble en détresse, se prenant la tête comme si elle était en proie à une crise existentielle. Cette image forte illustre la capacité du Diable à manipuler et contrôler, à tirer les ficelles de ceux qui sont vulnérables. Le Diable est ainsi vu comme un maître de la manipulation psychologique, capable de semer la confusion et la souffrance.

Le Tarot The Light Visions

Le Tarot The Light Visions

La carte du Diable dans le Tarot The Light Visions présente une ambiance totalement différente de ce qu'on a l'habitude de voir dans les représentations classiques du Diable. Plutôt que de montrer une figure démoniaque, cette carte dépeint un chemin s'enfonçant dans une forêt composée d'arbres dépouillés de leurs feuilles. Les troncs d'arbres, semblables à des bras s'élevant vers le ciel, forment un réseau d'infractuosités à travers lesquelles il est presque impossible de voir le ciel ou la lumière du jour. Cette carte donne l'impression de s'enfoncer dans un cul-de-sac végétal, renforçant l'idée d'une impasse obscure et mystérieuse.

Les branches des arbres forment des dessins dans la canopée de la forêt, ajoutant au mystère de la carte. Par exemple, en haut à gauche, on peut presque distinguer un visage composé de deux yeux et d'une bouche ouverte. Ce visage formé par les branches renforce l'ambiance mystérieuse, voire malfaisante, de la carte. Cette représentation du Diable dans le Tarot The Light Visions nous plonge dans une atmosphère de confusion et d'inquiétude, où la lumière du jour est difficilement perceptible et où le chemin semble bouché par les arbres.

Le tarot Sasuraibito

Le tarot Sasuraibito

La carte du Diable dans le tarot Sasuraibito est relativement intrigante et déconcertante. Elle représente le visage d'un homme aux épaules nues, regardant le lecteur avec un visage impassible, sans aucune émotion. L'homme a des cheveux bruns, une barbe de quelques jours et un torse poilu. Cette figure du Diable interpelle le spectateur, suggérant que le Diable peut prendre des apparences très communes et banales.

L'auteur semble vouloir montrer que le Diable ne ressemble pas à une créature horrible, mais qu'il est parmi nous et peut même être nous-mêmes. Cette interprétation humanise le Diable, en opposition aux créatures monstrueuses et hermaphrodites dans les cartes du Diable du tarot de Marseille. Cette vision du Diable comme une partie de nous-mêmes ajoute une dimension psychologique et introspective à la carte. En effet, le Diable peut être perçu comme une projection de nos propres désirs et tentations, une partie sombre de notre psyché que nous devons affronter.

le tarot Wake Me Up

le tarot Wake Me Up

La carte du Diable dans le tarot Wake Me Up présente une scène intrigante et riche en symbolisme. Elle montre une jeune femme et un jeune homme, avec une fenêtre derrière eux dépeignant un ciel nocturne avec un croissant de lune masqué par les nuages. Devant le jeune couple, une cigarette dans un cendrier laisse échapper des volutes de fumée, et une bouteille, probablement de vin, est à demi masquée par la bordure de la carte. Le couple s'enlace, visage contre visage, chacun portant un collier métallique avec une chaîne et un cadenas.

Le jeune homme, vu de profil, porte une boucle d'oreille et un pentagramme autour du cou. Ce qui est frappant, c'est que les mains des deux figures humaines s'enfoncent littéralement dans le torse de l'autre, comme pour toucher physiquement le cœur de l'autre. Cette carte pourrait symboliser le voile de l'illusion et de la confusion, renforcé par le croissant de lune masqué par les nuages et les volutes de fumée de la cigarette. La carte du Diable n'est pas forcément celle de la clairvoyance et de la lucidité. Le jeune couple semble s'être abreuvé de substances toxiques comme l'alcool et la cigarette, mais aussi de sentiments et émotions nuisibles tels que le désir, la tentation, et la possession.

Les colliers peuvent symboliser non pas une servitude, comme dans le tarot de Marseille, mais un enfermement spirituel où le couple est prisonnier de ses sentiments et désirs toxiques. Enfin, l'évocation des mains s'enfonçant dans le torse de l'autre pourrait suggérer que le Diable cherche à s'accaparer le cœur de l'autre, symbolisant l'amour, la reconnaissance, la satisfaction personnelle et le contrôle sur l'autre. Cette carte parle ainsi beaucoup d'amour, de possession, et de contrôle émotionnel. Le Diable, dans cette représentation, semble chercher à capturer et à manipuler les émotions et les désirs des individus, les rendant prisonniers de leurs propres passions et illusions.

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Ce qu'est la carte : Aliénation, Dépendance, Créativité, Audace

L'aliénation et la liberté : l'audace de la créativité

Aspects Positifs

  • Succès matériel et pouvoir : Le Diable peut indiquer un succès matériel exceptionnel et un pouvoir dans le monde physique. Cette carte peut représenter une réussite financière, une influence et une autorité considérables dans les affaires terrestres.
  • Puissance personnelle et énergie vitale : Le Diable symbolise également une puissance personnelle extraordinaire et une vitalité débordante. Il incarne une énergie de vie intense et une personnalité imposante, ce qui peut se traduire par une maîtrise exceptionnelle et un charisme magnétique.
  • Libération et croissance personnelle : Le Diable peut être un catalyseur de croissance personnelle en nous poussant à affronter nos aspects ombrés et à reconnaître nos limitations auto-imposées. Cette carte nous invite à examiner où nous nous sentons "enchaînés" et à reconnaître que nous détenons souvent la clé de notre propre libération.

Aspects Négatifs

  • Attachement et dépendance : Le Diable représente souvent l'attachement et la dépendance, symbolisés par les figures enchaînées. Ces chaînes représentent les dépendances que nous pourrions échapper si nous reconnaissions leur nature illusoire.
  • Excès et indulgence : Le Diable met en garde contre les excès sous toutes leurs formes. Que ce soit dans les plaisirs matériels, les expériences sensuelles, ou toute activité poussée à l'extrême, cette carte illustre les schémas autodestructeurs.
  • Obsession et aspects ombrés : Le Diable représente nos aspects ombrés et les obsessions qui peuvent dominer notre vie. Les compulsions et les addictions sont des manifestations de nos pulsions non intégrées, et cette carte nous met en garde contre les dangers de ne pas reconnaître consciemment ces aspects de nous-mêmes.

Ce que n'est pas la carte : Le Diable n'est pas un tentateur ou un être maléfique

La carte XV LE DIABLE occupe une place cruciale dans le voyage initiatique du tarot. Elle suit l'Arcane XIV TEMPERANCE et précède l'Arcane XVI LA MAISON-DIEU. Avec TEMPERANCE, nous avons exploré l'équilibre du "donnant-donnant" entre "donner tout sans rien recevoir" et "tout recevoir sans rien donner". Tandis que TEMPERANCE représente une phase de transition entre les extrêmes, LE DIABLE incarne le deuxième extrême où l'individu reçoit tout sans rien donner en retour (cf. Carte Témpérance).

Progression spirituelle

  • Étapes de transformation : LE DIABLE représente une phase de contrôle total et d'égocentricité, où l'individu cherche à s'approprier le monde des autres. Cette carte nous confronte à notre propre ego surdimensionné et à notre tendance à manipuler et à contrôler les autres pour satisfaire nos désirs immédiats.
  • Points de passage obligés : Cette carte met en lumière la nécessité de prendre conscience de ses propres actions et de leurs conséquences sur les autres. Elle nous pousse à examiner nos comportements capricieux et à reconnaître l'impact de notre égocentricité sur notre vie et sur celle des autres.
  • Moments de transcendance : La transcendance survient lorsque l'individu réalise l'aliénation causée par son ego surdimensionné et commence à chercher un équilibre. C'est un moment de prise de conscience où l'on comprend que la domination et le contrôle ne mènent qu'à l'aliénation et à la perte de notre véritable identité. C'est l'étape suivante, celle de LA MAISON-DIEU.

Vision classique : Traditionnellement, LE DIABLE est associé à la tentation, aux vices et à la manipulation. Le Diable est souvent vu comme un tentateur, un être maléfique qui cherche à corrompre et à dominer. Psychologiquement, cette carte représente les blocages, les dépendances et les comportements autodestructeurs. Elle met en lumière les aspects de notre psyché qui sont dominés par des désirs incontrôlés et des comportements égocentriques. Le Diable est souvent représenté comme un être maléfique avec des chaînes qui retiennent ses disciples, symbolisant la domination et la perte de liberté. Il incarne les forces de la tentation et de la corruption.

Vision personnelle : LE DIABLE n'est pas simplement un tentateur ou un être maléfique. Il représente un enfant déchu, un ange qui a perdu une part de son innocence et qui agit par caprice et égocentricité. LE DIABLE tire la langue, ce qui peut être interprété comme une nature enfantine et capricieuse, cherchant à s'approprier le monde sans en être pleinement conscient. Je vois LE DIABLE comme un symbole de l'aliénation et de l'égocentricité infantile. Il n'est pas nécessairement conscient de ses agissements et n'a pas de mauvaises intentions. Il agit par caprice, cherchant à obtenir tout et tout de suite, sans considération pour les conséquences de ses actions. Cette carte nous invite à comprendre que dans notre quête de trouver notre place dans le monde, nous pouvons inconsciemment manipuler et contrôler les autres. Il s'agit de comprendre que l'aliénation n'est pas seulement externe mais aussi interne. Elle nous pousse à réaliser l'importance de l'équilibre et de la conscience de soi. En reconnaissant notre propre égocentricité, nos désirs capricieux et en cherchant à les transformer, nous pouvons avancer vers une prise de conscience plus profonde (XVI LA MAISON-DIEU) et un équilibre intérieur (XVII - LA LUNE - XIX LE SOLEIL - XX LE JUGEMENT).

Les mots clés

Interprétation Symbolique
Sens endroit (Positif) Célébration, vitalité, magnétisme, charisme, fascination, attraction, pouvoir, ruse, passion, sensualité, sexualité, luxe, richesse, jouissance
Sens envers (Négatif) Malhonnêteté, immoralité, envoûtement, lubricité, asservissement, intrigue, escroquerie, orgueil, tentation, pulsion, excès, possession, occultisme
Interprétation Psychologique
Sens endroit (Positif) Ouvert, disponible, curieux, attentif, réceptif, créatif, éloquent
Sens envers (Négatif) Egoïste, cynique, obsédé, pervers, concupiscent, débridé, cupide, avide, addict
Conseil
Libère tes pulsions. Débride tes limites. Transgresse les règles s'il le faut. Adopte les valeurs d'autrui. Mais ne sois pas dominé par ton avidité. N'aliène pas tes besoins. Ne conclus pas un pacte contre ta propre nature
Interprétation Thématique
Amour Relation passionnée. Sexfriend. Moeurs libérées. Rapport de domination
Travail Travail créatif. Résultat par la ruse. Amant au travail. Obsession de la promotion. Jeu de pouvoir ou d'intrigues
Argent Transaction opportune. Contrat juteux. Aide avec contrepartie. Tricherie. Escroquerie
Famille / Amitiés Rapports ouverts et chaleureux. Enrichissement commun. Jalousie. Relations interdites
Santé Grande vitalité. Guérison en bonne voie. Addiction. Excès. Dépendance psychologique
Divination / Prédictif
Qui ? Un mentor. Un mécène. Un escroc. Un addict. Un dépressif. Un esclave
Où ? Une agora. Un parlement. Le siège d'une association. Une société secrête. Une prison. Un camp de travail
Quand ? Un repas de famille. Une réunion. Une cérémonie. L'établissement d'un règlement. La signature d'un contrat
Comment ? En s'ouvrant à l'autre, en le comprenant. En échangeant avec l'autre, en le convaincant. En partageant ses idées

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