Parmi les vingt-deux arcanes majeurs du Tarot de Marseille, la carte XIII est sans doute l’une des plus intrigantes et redoutées. Contrairement aux autres arcanes, elle ne porte pas de nom explicite : seul son numéro, le chiffre XIII, est inscrit en haut de la carte. Cette absence de dénomination a alimenté de nombreuses spéculations sur sa signification et son rôle dans l’iconographie du tarot. Pourtant, son image est sans équivoque : un squelette armé d’une faux, avançant au-dessus d’un sol jonché de membres humains coupés. Cette représentation, empreinte d’un symbolisme fort, trouve ses racines dans l’imaginaire médiéval et renaissant, où la mort occupait une place centrale dans la pensée et l’art.
L’iconographie de cette carte ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une tradition artistique et spirituelle ancienne qui façonne la perception de la mort depuis le Moyen Âge. À cette époque, les fresques de la Danse Macabre, les gravures du "Triomphe de la Mort" et les sculptures de transis (cadavres décharnés figurant sur des tombeaux) rappelaient à chacun l’inéluctabilité de la fin. Cette obsession pour la mort, nourrie par les épidémies de peste et les guerres, se traduit dans les arts visuels par des représentations à la fois réalistes et allégoriques de la faucheuse.
À partir du XIVe siècle, la représentation de la mort prend une forme plus marquée avec l’apparition de la figure de la Camarde. Ce surnom, qui désigne la Mort en raison de son visage sans nez, reflète la manière dont l’imaginaire collectif personnifie ce passage inévitable. Sous l’influence des grandes épidémies, notamment la Peste Noire qui ravage l’Europe, la mort cesse d’être une abstraction pour devenir une présence visible et omniprésente dans l’iconographie médiévale.
Les artistes de cette époque illustrent souvent la Camarde sous la forme d’un squelette animé, un choix qui traduit l’angoisse des vivants face à la fatalité. Elle apparaît dans les sculptures, les enluminures et les gravures, armée d’une faux ou d’un arc, symbolisant sa capacité à faucher les vies sans distinction. Cette imagerie influencera durablement la représentation de la Mort dans l’art et, plus tard, dans le Tarot.
Le "Triomphe de la Mort" est un thème artistique majeur qui s’épanouit à la fin du Moyen Âge. De nombreuses fresques, notamment en Italie et en Espagne, dépeignent une Mort triomphante qui s’impose à tous, qu’ils soient riches ou pauvres, puissants ou misérables. Ces œuvres frappent par leur force visuelle et leur message universel : la mort est inévitable et touche chaque être humain.
Parmi les fresques les plus marquantes, on trouve celle du Camposanto de Pise, réalisée au XIVe siècle. Elle illustre une scène saisissante où des cadavres en décomposition côtoient des personnages vivants insouciants, rappelant la fragilité de l’existence. D’autres représentations, comme celles de Palerme ou de Clusone, accentuent l’idée d’un memento mori, un rappel constant que la vie est éphémère.
Ces fresques influencent profondément l’iconographie occidentale, notamment dans les gravures et les cartes à jouer. Leur impact se retrouve dans la carte XIII du Tarot de Marseille, où la mort, souvent représentée sous forme d’un squelette muni d’une faux, semble moissonner les âmes comme dans ces œuvres médiévales.
La Danse Macabre est un thème artistique apparu à la fin du Moyen Âge, particulièrement en Europe occidentale. Elle représente une procession de personnages issus de différentes classes sociales – rois, prêtres, marchands, paysans – entraînés par des squelettes dans une danse funèbre. Cette mise en scène illustre l’égalité de tous face à la mort.
Parmi les fresques les plus célèbres, on trouve celle de Bernotte Nottke en Allemagne, une œuvre marquante qui met en scène des figures de la société médiévale guidées par la mort. À Paris, une autre fresque de la Danse Macabre ornait les murs du cimetière des Innocents au XVe siècle, offrant aux passants une vision frappante du destin commun de l’humanité. On pouvait y lire : « Toi qui vis, il est certain que même si tu tardes, tu danseras. »
Parallèlement, les Ars moriendi, ou « Arts de bien mourir », sont des textes qui expliquent comment se préparer spirituellement à la mort. Ces ouvrages contribuent à forger une imagerie où la Mort est une étape inévitable du parcours humain.
Le message véhiculé par la Danse Macabre est avant tout moral et universel. Ces représentations rappellent que, quelle que soit la position sociale ou la richesse accumulée, personne n’échappe à la mort. Elles servent ainsi d’avertissement sur la vanité des ambitions humaines et l’importance de vivre avec humilité.
Ce thème s’inscrit dans un contexte où la peste et les guerres rendaient la mort omniprésente dans le quotidien des populations. Les artistes de l’époque utilisent donc la Danse Macabre pour sensibiliser les spectateurs à la fragilité de l’existence et les inviter à méditer sur leur propre destinée.
À la fin du Moyen Âge, l’Europe est marquée par une véritable obsession pour la mort, alimentée par des événements tragiques comme la Peste Noire. Cette épidémie, qui ravage le continent au XIVe siècle, décime une grande partie de la population et laisse une empreinte profonde sur l’imaginaire collectif.
Face à cette catastrophe, l’art et la culture médiévale développent un goût prononcé pour le macabre. Les cadavres en décomposition deviennent un motif récurrent, servant à rappeler la fragilité de l’existence humaine et l’inéluctabilité de la mort. Cette fascination pour la putréfaction se retrouve dans les sculptures, les fresques et les textes de l’époque, où l’on décrit avec un réalisme saisissant les corps en décomposition.
Dans l'imaginaire médiéval, on ne considérait pas une personne comme totalement morte tant que son corps n'était pas décomposé et qu'il ne restait qu'un squelette sec. Jusque-là, une interaction avec les vivants était encore envisageable selon certaines croyances populaires. La meilleure manière de s'assurer du repos d'un défunt encombrant était de brûler son corps jusqu'à ne laisser que des os secs et des cendres.
Les aristocrates, les dignitaires de l'Église et les élites cherchaient à maintenir une aura mystique les distinguant du peuple. Mais la Peste noire changea cette perception : elle démontra que les rois, les évêques et les princes étaient aussi vulnérables que les paysans, succombant aux mêmes bubons et plaques infectieuses. Cette prise de conscience se réfléta dans l'art du XVe siècle, où les représentations de la Mort frappant toutes les classes sociales, de l'empereur au simple artisan, devinrent très populaires.
Les manuscrits enluminés du Moyen Âge reflètent également cette obsession pour la mort. On y trouve des scènes illustrant des squelettes dansant, des âmes tourmentées ou encore des cadavres en état de décomposition avancée. Ces représentations ne sont pas seulement artistiques, elles ont aussi une portée morale et religieuse.
Parmi les ouvrages les plus marquants, on peut citer les "Livres d’Heures", qui intègrent souvent des images de la mort comme une méditation sur la vanité des plaisirs terrestres. Les "Memento Mori", quant à eux, rappellent constamment aux lecteurs que la vie est éphémère et que chacun doit se préparer à l’au-delà.
Au fil du temps, les représentations de cadavres en décomposition furent remplacées par des squelettes anonymes. L'Église, cherchant à contrer les croyances superstitieuses, renforça son dogme : à la mort, l'âme quitte le corps définitivement sans espoir de retour. Ainsi, les fantômes, squelettes animés et autres apparitions furent assimilés à des manifestations démoniaques.
Dans ce tarot, la Mort est représentée sous la forme d’un squelette, une figure déjà bien ancrée dans l’iconographie de l’époque. L’inspiration vient directement des danses macabres et des fresques du "Triomphe de la Mort" qui circulaient en Italie et dans toute l’Europe. Cette influence visuelle renforce l’idée d’un cycle inéluctable de la vie et de la mort.
D’autres jeux anciens, comme le tarot de Charles VI et la feuille de Rosenwald, présentent également des représentations marquantes de la carte de la Mort. Ces versions, bien que différentes dans leurs styles artistiques, conservent les mêmes symboles fondamentaux : un squelette armé d’une faux, chevauchant un cheval, souvent accompagné de cadavres ou de fragments humains.
Son iconographie s'inspire en partie de la Bible, notamment du Livre de l'Apocalypse (Chapitre 6, Verset 8) : « Je regardais, et voici, parut un cheval pâle. Celui qui le montait se nommait la Mort, et le séjour des morts l'accompagnait. »
La carte de la Mort dans le Tarot de Charles VI reprend cette image en fusionnant le cavalier de l'Apocalypse et la figure de la Faucheuse, moissonnant les âmes de tous rangs avec sa faux. Une version simplifiée de ce thème se retrouve dans le Tarot Rosenwald. En revanche, dans le Tarot de Bologne, certaines de ces iconographies ont été conservées, tandis que dans la plupart des jeux de tarot hors d'Italie, la Mort à cheval disparut progressivement jusqu'à sa réapparition dans le Tarot Rider-Waite-Smith en 1909.
Ces premières cartes de la Mort témoignent donc d’une continuité dans la représentation de ce thème, puisant directement dans l’art et les croyances de leur époque. Elles posent les bases de l’iconographie qui sera conservée et réinterprétée dans le Tarot de Marseille et les versions modernes du tarot.
Si les premières représentations de la carte de la Mort dans les tarots anciens étaient souvent très détaillées, avec des squelettes expressifs et des scènes macabres, l’image a progressivement été simplifiée. Plusieurs raisons pourraient expliqur cette évolution :
Dans les premières versions historiques du tarot, notamment le Tarot de Charles VI, le Tarot de Rosenwald et les cartes Visconti-Sforza, l'iconographie de la carte de la Mort était déjà relativement bien définie. L’image de la Mort apparaissait figée, avec des éléments récurrents tels que le squelette et la faux.
Cependant, il existe une différence notable entre ces premières représentations et celles du Tarot de Marseille. Dans les premiers tarots historiques, la Mort était souvent représentée à cheval, évoquant l’imaginaire de la faucheuse médiévale. Avec l’apparition du Tarot de Marseille, la Mort est désormais représentée à pied.
La France des XVIIe et XVIIIe siècles, époque où le Tarot de Marseille s’est stabilisé dans sa forme, était fortement marquée par une vision plus humanisée de la mort, en rupture avec l’imaginaire médiéval. Le cheval était souvent associé à la noblesse et à la guerre, et sa disparition pourrait refléter une volonté de rendre la Mort plus universelle et plus proche du commun des mortels. Cela s’inscrit aussi dans une tendance de l’époque à se détacher de certaines imageries apocalyptiques jugées trop religieuses ou effrayantes.
Une Mort à pied s’inscrit davantage dans un processus évolutif et naturel, contrairement à une Mort sur un cheval qui évoque un assaut brutal et guerrier. Le cheval peut être perçu comme un symbole de vitesse et de conquête. En l’enlevant, la carte XIII met plutôt l’accent sur une transformation intérieure et un changement qui s’opère progressivement.
Dans le Tarot de Marseille, la carte XIII présente une particularité unique : elle ne comporte pas de cartouche nominatif. Contrairement aux autres Triomphes, qui affichent clairement leur nom en haut ou en bas de la carte, celle-ci est laissée anonyme. Cette absence de titre n'est pas un oubli mais un choix délibéré qui soulève plusieurs interrogations.
Plusieurs hypothèses expliquent cette particularité :
Cette absence de nom transforme la carte en une entité mystérieuse, souvent appelée « l'Arcane sans nom » par les cartomanciens. Ce terme suggère une force inévitable et impersonnelle, une énergie de changement qui dépasse la simple notion de fin.
Dans la tradition hermétique et ésotérique, ne pas nommer quelque chose lui confère une puissance supplémentaire. En occultisme, le fait de cacher un nom ou de le rendre indicible renforce son mystère et son influence.
En refusant de la nommer explicitement, le Tarot de Marseille nous pousse à appréhender cette lame au-delà de nos peurs et à embrasser pleinement le concept de transformation.
À partir du Tarot de Pierre Madenié (1709), on observe un basculement dans la représentation de la carte de la Mort. Dans les tarots de type II, la Mort est désormais orientée vers la droite.
Cette modification iconographique peut être interprétée comme un changement de perspective symbolique. Si, dans le Type I, la Mort fauche le passé et insiste sur la nécessité de la rupture, dans le Type II, son orientation vers la droite la rapproche davantage d’un symbole de renouveau et de transformation. En regardant vers l’avenir, la carte met l’accent sur la renaissance plutôt que sur la fin en elle-même.
On peut ainsi distinguer deux grandes interprétations :
Ce changement de direction souligne à quel point le Tarot de Marseille a évolué au fil du temps, reflétant des conceptions différentes du passage et du changement. Alors que le Moyen Âge et la Renaissance étaient marqués par une vision plus fataliste de la mort, le TdM Type II intègre une dimension plus dynamique et tournée vers l’avenir.
Contrairement aux versions classiques montrant des mains et des têtes coupées, cette carte met en scène différents objets et accessoires symboliques représentant l'activité humaine.
On peut observer plusieurs symboles du pouvoir et de l'autorité :
La carte présente également des symboles du travail et de la création :
La Mort, tournée vers la gauche, nous indique que tous ces éléments sont voués à disparaître. Cependant, cette fin n'est pas nécessairement négative. Elle peut représenter une transformation nécessaire, un renouveau. Le message principal n'est pas tant l'égalité de tous devant la mort, mais plutôt le caractère éphémère de toute création et activité humaine. Si toute chose faite par l'homme peut se défaire, c'est aussi ce qui permet le changement et l'évolution. Toute création, tout pouvoir, toute guerre, tout savoir et tout art connaît une fin, ouvrant la voie à de nouvelles possibilités.
Au XVIIIe siècle, avec la popularisation des livres de cartomancie, la perception de la mort comme transformation plutôt que comme fin absolue s'est solidement établie. Les ouvrages de cartomancie d'Etteilla ont considérablement influencé l'interprétation des cartes. Bien que certains suggèrent qu'il s'appuyait peut-être sur une tradition orale aujourd'hui perdue, son interprétation particulièrement négative de la carte de la Mort reste unique.
Etteilla associait cette carte à :
Cependant, cette vision pessimiste n'a pas été largement adoptée. Les interprètes du Tarot de Marseille s'accordent pour dire que la Mort symbolise la fin naturelle d'un cycle. La réduction à l'état squelettique suggère l'élimination du superflu, portant en elle la promesse d'un renouveau. Les occultistes français comme Éliphas Lévi et Oswald Wirth ont conservé l'imagerie traditionnelle du Tarot de Marseille tout en renforçant le thème de la transformation.
Ces occultistes affirment que la mort favorise la vie en éliminant ce qui est obsolète, permettant ainsi l'émergence de nouvelles possibilités. Les têtes et les mains émergeant du sol symbolisent la persistance de nos idées et de nos actions au-delà de notre existence physique.
La carte de la Mort dans le tarot Rider-Waite-Smith, publié en 1910, s'inspire de l'iconographie médiévale, représentant la Mort à cheval piétinant différentes figures :
Waite établit une distinction entre le Pendu, représentant la mort mystique, et cette carte, symbolisant la mort physique. La carte est riche en symbolisme rosicrucien, franc-maçon et templier, notamment avec la rose blanche sur le drapeau. La Nouvelle Jérusalem se détachant sur le soleil levant symbolise la promesse de la vie éternelle. Le ruisseau, évoquant celui du jardin d'Éden, représente le cycle éternel de l'énergie : évaporation, formation des nuages, pluie et écoulement.
Il est intéressant de noter que le squelette en armure est inspiré d'une gravure du célèbre artiste allemand Albrecht Dürer. Cette carte, dans une lecture moderne, peut également symboliser des transformations personnelles profondes, des changements de carrière, ou la fin d'une période de vie.
Ce tarot contemporain, créé spécialement pour les praticiennes de la Wicca et de la sorcellerie moderne, présente une version de la Mort particulièrement fidèle au symbolisme du Tarot de Marseille. La carte met en scène une silhouette mystérieuse revêtue d'une longue cape noire et portant un masque blanc, dont les yeux ne sont même pas visibles, créant ainsi un effet d'anonymat total .
Les éléments symboliques principaux de la carte sont :
La symbolique de cette carte est riche en significations :
Il est particulièrement intéressant de noter que l'une des portes est entrouverte avec sa poignée visible et laisse filtrer la lumière, tandis que l'autre reste hermétiquement close. Cette différence peut suggérer que certains choix sont déjà prédéterminés ou que certaines options sont naturellement plus accessibles que d'autres.
Le masque blanc porté par la silhouette renforce l'aspect universel et impersonnel de la mort, soulignant que tous les êtres humains sont égaux face à elle, indépendamment de leur statut social. Dans une lecture moderne, cette carte peut symboliser :
Cette version du tarot, avec son approche féministe et moderne de la spiritualité, nous rappelle que la mort n'est pas toujours à craindre, mais peut être vue comme une alliée dans notre processus de transformation personnelle.
Ce tarot contemporain, créé par Chris-Anne en 2019, offre une vision moderne et spirituelle des arcanes traditionnels. La carte de la Mort, nommée ici "Death and Rebirth" (Mort et Renaissance), présente une interprétation unique et profonde du thème de la transformation.
Les éléments visuels principaux de la carte sont :
Cette représentation inhabituelle offre plusieurs niveaux de lecture :
Cette carte nous invite à considérer la mort non pas comme une fin, mais comme une partie intégrante du cycle naturel. La présence du paysage à la place du visage peut suggérer que la mort nous permet de "sonder" l'humanité et notre propre nature profonde. Elle nous rappelle notre connexion intime avec les cycles naturels et notre capacité innée à nous renouveler.
Les sapins et le décor naturel peuvent effectivement évoquer une dimension écologique, mais ils représentent aussi :
Cette interprétation moderne de la Mort s'éloigne des représentations traditionnelles macabres pour mettre l'accent sur le potentiel transformateur et régénérateur de tout changement profond. Elle nous rappelle que chaque fin porte en elle les germes d'un nouveau début, symbolisé par cette étoile rayonnante qui brille au cœur même de notre être.
Cette version de la carte de la Mort présente une image puissante et complexe, centrée sur une figure féminine à la fois vivante et squelettique. Cette dualité évoque immédiatement le processus de transformation et le cycle vie-mort-renaissance.
Les éléments principaux de la carte sont :
La symbolique est particulièrement riche :
Cette carte illustre parfaitement le concept de mort-renaissance sans avoir besoin de l'expliciter dans son titre, contrairement au Light Seer's Tarot. La transformation est représentée de manière viscérale et organique, rappelant les processus alchimiques de dissolution et de recomposition.
Le croissant de lune ajoute une dimension cyclique à l'ensemble, rappelant que la mort et la renaissance font partie d'un cycle naturel et perpétuel. Cette carte nous enseigne que parfois, c'est à travers un sacrifice conscient de ce qui doit mourir en nous que peut naître quelque chose de nouveau et de précieux.
Cette interprétation moderne de la Mort présente une image saisissante centrée sur une jeune femme de dos. Cette représentation féminine offre une perspective unique sur les thèmes de la transformation et du lâcher-prise.
Les éléments visuels principaux sont :
Cette carte offre plusieurs niveaux de lecture symbolique :
1. Le voyage vers l'inconnuLa femme fait face à un disque noir, suggérant :
Le papillon nocturne évoque :
L'ambiguïté de la matière recouvrant la femme suggère deux interprétations :
Cette carte nous parle aussi de :
Cette version de la Mort s'éloigne des représentations traditionnelles macabres pour proposer une vision plus initiatique. Elle évoque un rite de passage où la mort symbolique permet une renaissance spirituelle. La figure féminine incarnant ce processus rappelle les anciennes déesses de la transformation comme Perséphone ou Inanna.
En lecture divinatoire, cette carte peut suggérer un moment de transition profonde, un besoin de lâcher-prise, ou une invitation à se défaire des couches superflues de notre personnalité pour accéder à notre essence véritable.
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La carte de la Mort représente avant tout un processus de détachement, plutôt qu'une simple fin ou transformation. Elle s'inscrit dans une séquence logique du parcours initiatique du Tarot de Marseille, le fameux 'Voyage du Fou'.
La Force (XI) nous enseigne d'abord la maîtrise de nos liens intérieurs. La femme et le lion symbolisent notre capacité à domestiquer nos pulsions tout en maintenant des liens harmonieux avec notre nature profonde. Ces liens, bien que nécessaires, doivent être équilibrés.
Le Pendu (XII) nous invite ensuite à observer ces liens sous un angle différent. Qu'il s'agisse des attachements sociaux, émotionnels ou du lien symbiotique maternel (représenté par le cordon ombilical), cette carte nous encourage à prendre conscience de nos dépendances.
C'est là qu'intervient la Mort (XIII), non pas comme une fin, mais comme l'opportunité de nous libérer consciemment de ces liens. Elle représente l'acte volontaire de couper ce qui nous retient, nous limite ou nous empêche d'évoluer.
Après le détachement opéré par la Mort, la Tempérance (XIV) propose une reconstruction équilibrée des liens. Elle suggère des relations basées sur l'échange mutuel, où chacun donne et reçoit de manière équitable. C'est l'apprentissage de l'interdépendance saine, par opposition à la dépendance.
Cependant, le Diable (XV) nous met en garde : si l'ego n'a pas été véritablement abandonné lors du passage de la Mort, nous risquons de tomber dans l'excès inverse. Au lieu de tout donner sans rien recevoir, nous pourrions basculer dans l'égoïsme total, cherchant à tout recevoir sans rien donner.
Cette séquence nous montre que la Mort n'est pas tant une transformation qu'un acte de libération conscient. Elle ne promet pas nécessairement une renaissance ou un renouveau, mais offre la possibilité de nous défaire de ce qui ne nous sert plus.
Dans la psychologie moderne, cette carte représente :
- La capacité à lâcher prise sur nos attachements toxiques - L'art du détachement comme voie de liberté - L'acceptation de la fin des cycles sans nécessairement anticiper ce qui suivra - La libération des conditionnements et des schémas limitants
Ainsi, la Mort nous invite à exercer notre liberté la plus fondamentale : celle de pouvoir dire "non" et de nous détacher, sans obligation de reconstruire immédiatement. C'est dans cet espace de vide et de liberté que réside sa véritable puissance.
Interprétation Symbolique | Sens endroit (Positif) | Fin de cycle, mort symbolique, conclusion, changement de plan, point de non retour, transition, passage, renaissance, révolution, rectification, dépouillement, libération | Sens envers (Négatif) | Désillusion, douleur, regret sempiternel, refus du changement, lié par le passé, cercle vicieux, perte, danger |
Interprétation Psychologique | Sens endroit (Positif) | Détaché, courageux, rénovateur | Sens envers (Négatif) | Récidiviste, névrosé, impuissant, fataliste, craintif |
Conseil | |
Accepte que tout ait une fin. Résous ou tranche le passé. Oublie tes illusions. Abandonne ce qui doit l'être. Exprime ta force intérieure. Transcende ta nature. Renouvelle-toi. Crée quelque chose de nouveau. Sois courageux. Un bon coup de balai ! | |
Interprétation Thématique | Amour | Fin de célibat. Transformation de la relation. Rupture. Divorce. Reconquête de l'ex-compagnon | Travail | Réorientation dans une autre activité. Changement radicale de mission. Fin d'une association. Rupture de contrat. Licenciement | Argent | Recherche d'une autre rémunération. Changement d'investissement. Pertes considérables. Peur d'une recapitalisation | Famille / Amitiés | Départ d'un être cher. 'Histoires' de famille. Facherie durable. Eloignement non accepté | Santé | Décision radicale et transformatrice (sport, plus d'alcool, vegan, etc.). Peurs ou névroses profondes. Maladie Récidive |
Divination / Prédictif | Qui ? | Une personne décidant pour soi. Un chirurgien. Un gendarme. Un huissier | Où ? | Au nouveau domicile. Dans la nouvelle entreprise. A l'hopital. Au cimetière | Quand ? | Fin d'un cycle d'évolution. Un déménagement. Une rupture du quotidien. Un deuil physique ou moral. Une opération médicale | Comment ? | En changeant son style de vie. En faisant autrement. En disant autrement. En travaillant autrement |
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